Position : L’histoire-Géo au lycée + Réflexion sur l’école

Publié le par Romain MARIA

La réforme des lycées a été présentée la semaine dernière. Comme à chaque fois, des contestations se font entendre, principalement sur la place de l’histoire-géo au lycée.
Pourtant le déclin de notre éducation ne mérite pas ces mouvements d’humeurs égoïstes.

021cours-copie-1.jpg
Fruit d’une large concertation, la réforme du lycée vise à repenser son organisation, son fonctionnement et sa spécialisation. Le rééquilibrage des filières est au centre de ce projet.

L’une des mesures consiste, à rendre optionnel les cours d’histoire-géo en terminale, augmenter les heures de cours en première et faire passer la matière en épreuve anticipée (fin de première) au même titre que le français, ou la biologie en filière ES.
L’objectif est de spécialiser davantage la terminale S et de dégager du temps pour favoriser l’orientation scolaire.

Aujourd’hui la filière S est réputée pour accueillir les meilleurs élèves. On constate une recrudescence d’élèves de S qui se dirigent vers des études économiques, des écoles de commerce, des prépas commerciales voir même des IEP (Science Po).

Est-ce vraiment l’objectif de cette filière ? Je ne le crois pas.
Elle doit amener à former des personnes dans le domaine scientifique comme la médecine, la biologie, l’informatique, la recherche…
D’autres mesures sont prévues pour revaloriser les filières L et ES, moins réputées.

Ce qui me frappe c’est le corporatisme de certains professeurs d’Histoire-Géo qui sont là, à défendre leurs prés carrés sans avoir une vision plus large. Oui l’histoire-géo est importante, mais dans notre monde qui se transforme, il serait judicieux que des études supplémentaires soient enseignées sur l’économie, le droit, les nouvelles technologies…
Pourtant, le temps du lycéen n’est pas extensible. Il a déjà énormément d’heures de cours sans pour autant avoir de meilleurs résultats que ses homologues européens.

Quand arrêterons-nous de penser que la connaissance d’une matière ne se résume pas uniquement aux nombre d’heures de cours enseignés ?
Ce qu’il faut revoir, se sont les rythmes scolaires, les méthodes d’enseignement et d’évaluation. On applique aujourd’hui des règles strictes là où il faudrait faire du sur mesure.

L’éducation est un vaste débat, compliqué mais passionnant. La réforme qui est proposée ne révolutionnera pas notre système éducatif mais elle apportera des changements qui seront bénéfiques notamment pour l’orientation et l’aménagement des filières.
Elle a été conçue après une large concertation. Beaucoup l’approuvent, alors ne nous arrêtons pas aux remords de certains professeurs d’histoire-géo qui défendent leur matière comme le ferait un prof de math ou de Français.

L’histoire-géo enseignée dès le primaire à toute sa place à  l’école mais elle ne doit pas pour autant s’arrêter aux frontières de l’éducation nationale. Chacun à la possibilité aujourd’hui de s’informer dans ces domaines à travers les médias, internet, les musées… encore faut il se donner la peine de le vouloir.

Il faut cesser de tout demander à l’éducation nationale. Elle doit être le lieu de transmission du savoir mais plus encore, celle qui nous apporte tous les outils dont nous avons besoin pour aller à la rencontre de la connaissance et devenir de vrais citoyens.
Aujourd’hui, on demande au monde de l’enseignement et au premier rang aux professeurs,  de remplacer les parents dans l’éducation des enfants, la police pour faire respecter la loi, les services sociaux pour régler les problèmes familiaux… et j’en passe. Pourquoi ? Parce que l’école est devenue l’un des derniers lieux communs de transmission des valeurs de notre république. C’est le dernier rempart contre l’individualisme de notre société.


Face aux enjeux de notre société qui nous attendent, savoir s’il faut 1 ou 2 heures de plus ou de moins d’une matière est anecdotique. Plutôt que de défendre son bout de gras, chacun devrait réfléchir un peu plus à l’intérêt général.

Et vous, quelle est votre opinion ?
Réagissez et laissez vos commentaires

Commenter cet article

clément t 10/12/2009 21:52


s'il doit y avoir une réforme de l'enseignement, c'est sur le modèle scandinave que ça doit être fait (encore et toujours, ils ont la classe les krisprolls ?!) : il faut mettre des enseignements
manuels dans le général et arrêter de sous-estimer les filières "hors général"... ouais, cuisinier, c'est un beau métier !