Interview de Romain MARIA - Bilan et perspectives après les régionales

Publié le par Romain MARIA

Que faire après les élections régionaes ? Analyse, bilan et perspectives sous forme d'interview (sans langue de bois)

Interview.gif
Les élections régionales sont terminées. La gauche remporte 21 régions métropolitaines sur 22 plus 2 d’Outre Mer (Guadeloupe et Martinique). La majorité présidentielle remporte l’Alsace ainsi que la Réunion et la Guyane. Comment jugez-vous ces résultats ?

Le second tour a confirmé la tendance du premier. Garder l’Alsace, faire basculer la Guyane et la Réunion est une bonne chose. Malheureusement, la perte de la Corse, ajoutée au statu quo dans les autres régions, font que l’échec pour la majorité présidentielle est immense.
A cela, si vous ajoutez l’écart historique entre l’Union de la Gauche et la majorité présidentielle ainsi que les très bons scores du FN, vous vous rendez compte de l’ampleur du travail de reconstruction qui nous attend !

L’attitude de la majorité est elle différente au soir du second tour ?

Je pense que la méthode Coué dont ont fait preuve tous les leaders de la majorité présidentielle, n’a fait que renforcer la détermination de nos opposants. Au lieu de montrer qu’ils avaient compris le message des Français, leur autisme nous a desservis. Le retour au réalisme est donc une bonne chose. C’était la première étape à mener. Maintenant, nous devons nous concentrer sur les solutions pour répondre  à la situation actuelle. L’analyse que j’ai faite au soir du premier tour est toujours d’actualité. Il est temps de réagir.

"Ce faible score doit nous interpeller"

Le score qui vous intéresse le plus est celui de votre région. Valérie PECRESSE est battue avec 43,3% en Ile de France. Dans le Val de Marne elle ne recueille que 38,8%. Pourquoi un tel score ?
Valérie PECRESSE a subi les mêmes difficultés que les autres candidats de la majorité présidentielle. Mais, elle ne peut s’exonérer des erreurs de sa campagne : constitution des listes, campagne monotone, polémiques stériles.
Dans le Val de Marne, malgré une campagne très forte, tournée vers l’action de terrain, ce faible score doit nous interpeller. La stratégie de mettre des élus en début de liste pour attirer des voix est un échec, puisque la gauche est en tête, même dans la plupart des villes UMP.
La stratégie d’alliance dès le premier tour est elle une bonne chose ? Je n’en suis plus convaincu.
La aussi il faudra prendre en compte les résultats et reconnaitre les erreurs commises. Ce travail est pour moi indispensable avant d’entreprendre je ne sais quels autres combats.

"Simplement les réformes doivent être mieux préparées, mieux expliquées, mises en perspective et évaluées"

Pour vous la réponse de la majorité passe t’elle par un remaniement ? Une pause dans les réformes ? La fin de l’ouverture ?
Un simple remaniement n’y changera rien. Il n’apportera qu’une simple impulsion politique qui s’estompera à très court terme si on ne va pas plus loin dans la remise en cause. L’ouverture est nécessaire mais elle ne doit pas se cantonner uniquement aux personnes. Ce doit être un véritable état d’esprit qui puisse nous amener à jouer plus collectif et à avoir une vision d’avenir. Notre électorat a été choqué par des débauchages systématiques qui indiquaient, indirectement, qu’il y avait que des bons à gauche… Or notre mouvement regorge de beaucoup de talents. A nous de savoir les exploiter.
Sur ce remaniement technique, je regrette quand même le départ de Martin HIRSCH, qui a conduit des réformes indispensables pour notre pays (RSA, service civique, nouveau système d’orientation…). La révocation de Xavier DARCOS parait injuste car c’est le seul sanctionné, or biens d’autres auraient du partir. Il aurait mieux valu dès le début éviter de le nommer aux affaires sociales.
L’arrivée de deux personnes très compétentes, François Baroin et George Tronc, ancien Villepiniste, est clairement un signal pour notre électorat. Notre famille politique sait se rassembler. J’espère que leurs talents seront judicieusement utilisés dans l’action du gouvernement.

Et les réformes, faut il les arrêter ?
Certainement pas ! Arrêter les réformes reviendrait à conduire notre pays dans le mur. Notre société est en plein bouleversement. Le monde change, la France doit changer aussi. Simplement les réformes doivent être mieux préparées, mieux expliquées, mises en perspective et évaluées. Les Français attendent de savoir où nous allons et comment. Pour moi, un cap cohérent doit être défini, celui de la croissance, de l’emploi et du désendettement du pays.

Pensez vous que Nicolas SARKOZY y arrivera ?
Nicolas SARKOZY a une énergie immense. C’est quelqu’un de très intelligent mais qui va parfois trop vite. Son style perturbe. J’espère qu’il a entendu et qu’il a compris. Nous nous en rendrons compte très rapidement.


Réagissez et laissez vos commentaires

Publié dans L'Interview

Commenter cet article

andy 23/03/2010 23:29


belle analyse !