Analyse du résultat du premier tour des élections régionales

Publié le par Romain MARIA

Ce 14 mars, les Français se sont rendus aux urnes pour le premier tour des élections régionales. 4 faits marquants se dégagent pour moi de ce scrutin : Les Français recommencent à se détourner de la politique, le scrutin régional est à bout de souffle, la majorité présidentielle est en difficulté et le vote contestataire est de retour.
Vote.jpgCe premier tour des élections régionales a connu la plus forte abstention depuis sa création en 1986. Avec près de 54% d’abstentions, les électeurs se sont profondément détournés de ce scrutin. Ce score envoi un message à l’ensemble de la classe politique, pour leur signifier la défiance qu’ils ont à leur égard. Ils estiment, qu’ils ne se sentent pas représentés, ni défendus ; Que les hommes et les femmes politiques sont dépassés et loin de leurs préoccupations ; Que le pouvoir politique n’à plus sa place dans notre société, qu’il ne peut plus rien. Le fatalisme s’est emparé du peuple français. L’échec est commun et doit-nous interpeller. Il faut répondre et éviter que la fracture, qui s’est installée, ne cesse de grandir.

Les Français se sont également détournés de cette élection parce qu’ils n’ont pas cerné ses enjeux.
La région est aujourd’hui quelque chose d’abstrait et de lointain. Ses compétences sont peu connues autant que ses élus et leur bilan. La décentralisation est en ce sens un échec démocratique, un échec médiatique et donc un échec politique.
La simplification du millefeuille administratif (Europe, Etat, Pays, Région, département, Commune…) va devoir être revu. La réforme des collectivités territoriales est indispensable  et le projet de création d’une seule entité, regroupant le département la région, est la voie à suivre.

L’enjeu d’une élection devrait se limiter uniquement au scrutin concerné. Malheureusement, on ne peut pas ignorer le message national envoyé. Beaucoup de Français ont voulu sanctionner la majorité présidentielle et Nicolas SARKOZY, d’autres ont exprimé leur défiance et leur déception de la politique menée, autant sur le fond que sur la forme.
Il faudra la aussi accepter de se remettre en question et tirer les conclusions pour éviter de reproduire les mêmes erreurs.
Avec près de 27% des voix le score de l’UMP et de ses alliés n’est pas bon. Notre électorat ne s’est pas mobilisé. A l’inverse avec 23,5% des voix, le PS réalise un très bon score (ce score prend en compte uniquement celui des listes PS, alors que les médias l’on élargi avec par exemple les listes de divers gauche soit 30% des voix - Merci à Andy pour la remarque -). La question d’un parti unique dès le premier tour devra être posée. Cette stratégie de cohérence que je soutiens devra être analysée au soir du 2ème tour. Peut être ne permet-elle pas à chaque français de s’exprimer dans toute leur diversité.

Ce qui frappe dans ce scrutin, c’est le retour du vote extrême.
Le FN réalise de moins bons scores qu’en 2004, mais ses très bons résultats dans certaines régions montrent que nous l’avions enterré un peu vite. Je vois deux raisons à cette remontée.
- Je pense que, comme je l’avais dit il y a quelques mois, le débat sur l’identité nationale lui à redonner de la lisibilité.
L’émergence de nombreux thèmes (burqua, immigration, islamisme…) totalement décalés avec la campagne régionale lui a donné un moyen d’expression qui n’était pas justifié. - De plus, le vote contestataire a repris et est venu gonfler le score du Front National. Car je le dis très clairement, je ne crois pas que la majorité des électeurs du FN le choisissent pas conviction ou par adhésion à son projet d’avenir, mais plus pour l’expression d’un raz le bol. A charge pour nous de leur montrer que le FN n’est qu’une impasse.

Enfin, quelques commentaires sur les résultats des autres partis. L’effondrement du Modem se poursuit : 16% en 2007, 8% en 2009, 4% en 2010. Les masques sont enfin tombés !
L’opération de tromperie orchestrée par François BAYROU ne berne plus personne. Les Français se sont rendu compte que le Modem, attirant sur certains points, n’était qu’une manœuvre politique de son président pour arriver à ses fins. Les élections régionales devaient marquer le renouveau du Modem, elles scellent sa fin. Cette voie sans issue, plus personne n’en veut !
Ainsi, un nombre important de personnes, cherchant autres chose qu’une simple bipolarisation, se sont tournés vers Europe Ecologie. Leur beau score fait de ce parti la troisième force du pays. Mais attention, ce n’est plus Les Verts d’avant ; Ce n’est plus un électorat de gauche, voire très à gauche. Ils incarnent incontestablement un certain renouveau du paysage politique sur de nombreux points.
Le NPA est aujourd’hui en chute libre et tan mieux ; Tandis que Le PC a limité l’hémorragie mais reste une force politique très relative.

Dimanche prochain aura lieu le deuxième tour. La bataille sera très dure surtout la où le FN se maintient. Mais attention,
rien n’est encore joué d’avance. La aussi les masques tombent. Après avoir à raison, combattu George Frèche, le PS le soutient ; les combines politiques reprennent pour magouiller des places sur les listes, des idées du programme…  Ca ne fait aucun doute, les convictions politiques ne vont pas durer.
A l’inverse, les listes unies de la majorité présidentielle se représenteront avec les mêmes personnes et avec le même projet. C’est ça la cohérence !


Il nous reste encore quelques jours pour mobiliser notre électorat, montrer aux Français que les régions risquent de retomber dans le même
immobilisme avec des écologistes, des socialistes et des communistes ayant de profonds désaccords. Je reste convaincu que les électeurs d’Europe Ecologie n’accepteront pas de se faire manipuler de la sorte. A celles et ceux qui se tournent vers le FN, sachez que cela n’aura que pour seul intérêt de faire gagner le PS.

Nos projets sont cohérents, nos listes restent unies alors mobilisez vous et soutenez le changement dans vos régions !

Et vous, quel est votre opinion sur ces résultats ?
Donnez votre avis !

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