Ce que j’ai pensé de l’interview de Nicolas SARKOZY

Publié le par Romain MARIA

C’était une intervention très attendue par les Français. Avec 15 millions de téléspectateurs, il a réalisé une belle audience.




 La forme

La dernière interview du chef de l’état datait de Juin 2008 à la veille de la présidence  française de l’Union Européenne. Elle était donc très attendue.

La durée de l’émission couplée à la lourdeur des thèmes posés n’a pas permis de développer suffisamment chaque sujet, ce qui est très dommageable.
Le paquet fiscal ? Absent ; la politique étrangère ? Quasi inexistante ; la tempête dans le Sud Ouest ? Oubliée ; La grève dans les DOM-TOM ? Zappée…

De plus, les journalistes ont été franchement mauvais. Absents lorsqu’il fallait relancer, stressants lorsque le président s’exprimait, peu rigoureux lorsqu’il fallait préciser, les journalistes n’ont pas fait honneur à leur fonction. Laurence FERRARIE se confondait avec le décor, David PUJADAS utilisait avec médiocrité une forme d’impertinence, Guy LAGACHE s’en est un peu mieux sorti mais ne s’est pas montré très à l’aise et enfin Alain DUHAMEL qui a été relativement meilleur s’est montré un rien irritant avec ses partenaires.

Enfin, l’organisation de l’émission a été moyenne. Elle a mis du temps à démarrer et je l’ai trouvée très mal organisée.

Il aurait fallu agir autrement :
Tout d’abord il aurait été préférable d’avoir moins de journalistes car une certaine dispersion s’est ressentie mais des journalistes plus incisifs, plus impertinents et plus professionnels. J’ai hâte de voir d’autres styles de journalistes s’exprimer comme N.Domorant, N.Domenach ou L.Joffrin.

Ensuite, je trouve que le président devrait s’exprimer davantage au travers de plusieurs émissions télévisées de ce type afin d’alléger la lourdeur de chaque émission. Elle était consacrée à la crise mais d’autres sujets ont été abordés, ce qui était nécessaire… Assez difficile de tout concilier.
En organisant plusieurs émissions, tous les mois, sur un thème précis, le débat serait plus centré avec en parallèle des interviews écrites ou à la radio, des conférences de presse ou des interventions devant des panels.

Enfin, il faudrait que Nicolas SARKOZY aille sur les plateaux télévisés pour sortir de temps en temps de ce cadre trop institutionnel.

Ce que je propose, c’est une véritable rupture avec le passé. En changent cette pratique du pouvoir au niveau de la communication, le président se retrouverait plus confronté avec d’autres personnes et permettrait de moderniser notre démocratie. Le summum, serait d’avoir un débat avec le président et d’autres intervenant (Politique, économiste…)




 Le fond
Les sujets abordés ont été vastes, je reviens sur l’essentiel.

Ce qui m’a marqué tout d’abord c’est son ouverture d’esprit. Pour la première fois, il laisse du temps à la décision et propose de travailler plus étroitement avec les syndicats. C’est une excellente attitude. Il est maintenant indispensable que les syndicats jouent le jeu.

Les pistes de réflexions sont nombreuses :
- Hausse de la rémunération du chômage partiel : Très bien à condition que se soit limité dans le temps,
- Suppression de la première tranche de l’IR ou du deuxième tiers payant : possible mais d’autres mesures sont préférables.
- Améliorer l’emploi des jeunes : C’est une priorité
- Hausse des allocations familiales : Je propose la condition de ressources pour toutes les allocations familiales. Les économies dégagées serviront à financer une allocation dès le premier enfant.




Mais ce qui m’a le plus intéressé c’est la notion de partage de la valeur ajoutée.
Défendant cette idée depuis très longtemps (voir propositions) je suis très fier que le président en ait parlé. L’idée de mieux répartir la richesse créée par l’entreprise est juste. Depuis quelques années, les actionnaires bénéficient davantage de cette répartition. La part qui leur est consacrée est sans cesse en augmentation au détriment des salariés et de l’investissement.
Il est urgent de rééquilibré cette donne. Pour cela, je propose d’interdire le versement de plus de 50 % des bénéfices aux actionnaires, puis d’abaisser le taux progressivement à 40%. En outre, il faut moduler l’impôt sur les sociétés afin de le rendre plus avantageux lorsqu’une entreprise redistribue aux salariés ou investit plutôt que de verser des dividendes. L’idée d’un taux de rentabilité inatteignable à court terme doit disparaître au profit d’une vision à long terme de l’entreprise. Ainsi, en investissant, l’entreprise s’assurerait à l’avenir de meilleurs profits qui pourraient à leur tour est mieux redistribué.


Cela m’amène à la crise financière qui a été évoquée. Je salue une nouvelle fois, la réactivité et le professionnalisme avec lesquels le président est intervenu pour éviter le pire. Outre le plan de relance qui est un bon plan il a fait part de plusieurs pistes de réflexion pour que plus jamais de tells comportements se reproduise.
Sa volonté de supprimer les paradis fiscaux est impératif tout comme revoir la rémunération des traders. Les agences de notations doivent être complètement transformées et les banques doivent jouer le jeu. Ainsi, elles doivent réviser leur mode de fonctionnement et de nouveau prêter aux ménages. Pour moi, il serait inconcevable qu’elle distribue des dividendes en 2008 au même titre que l’industrie automobile.

J’en viens à Gandrange qui a été évoqué. Contrairement à ce qui avait été dis par les syndicats, des choses ont été faites. Il est dommage qu’ils tardent à le reconnaitre. Néanmoins les efforts sont évidemment insuffisants. Certes l’état n’interviendra pas, mais 3 des 4 engagements pris ont été grosso modo tenus. C’est pourquoi il sera important que de nouveaux investissements soient réalisés sur ce site.

A ce titre, la réforme de la taxe professionnelle est une bonne chose. Elle permettra a nos entreprises de retrouver de la compétitivité. Il faudra bien évidemment suivre en détaille se projet. J’aurais l’occasion d’y revenir
.

Enfin, et j’en finirai par là, toute ces mesure ont un coût. Là est ma principale préoccupation. Les caisses qui étaient déjà vides le sont encore plus. Notre endettement devient de plus en plus dangereux. Il sera nécessaire de prendre rapidement des mesures pour répondre à ce problème qui se posera dans quelques mois. La solidarité nationale devra jouer pleinement son rôle. Même si la priorité est aujourd’hui la crise, il est important de faire attention à ce que l’après crise ne soit pas pire.


Globalement, c’est donc un sentiment plutôt positif que je retire de cette prestation même si la forme de l’émission est mauvaise. Nicolas SARKOZY m’a montré une fois de plus qu’il était à la hauteur de la crise. J’espère maintenant que ce qui sera retenu ira dans le même sens que moi.



Et vous, quel est votre avis sur cette intervention ?

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